
La charte des PNR contribue à perpétuer l’habitat traditionnel, maintenant ainsi des emplois dans l’artisanat local. © Fédération des Parcs Naturels Régionaux de France.
Les Parcs Naturels Régionaux, dont le premier fut créé en 1968, garantissent par une charte la protection de l’environnement et la pérennité des activités humaines en milieu rural. Par le soutien à l’artisanat, à l’agriculture raisonnée, au tourisme de qualité, ou aux économies d’énergie, ils améliorent le cadre de vie des habitants, et pratiquent le « développement durable » depuis 40 ans.
« Notre parc a été créé en 1968 autour de 11 communes. Aujourd’hui, il en compte 48, et beaucoup d’autres veulent nous rejoindre », se félicite Laurence Dervaux, directrice adjointe du Parc Naturel Régional (PNR) Scarpe-Escaut (59), le premier-né des parcs régionaux.
Créés sur la base d’un décret de 1967, les PNR sont désormais 45 et leur succès ne se dément pas. En attestent les nombreux projets (Ariège, Mont Ventoux, Picardie Maritime…) portés par des groupements de communes candidates à la labellisation. Conditions requises : être situé dans une zone rurale habitée, présenter un environnement et des paysages remarquables et fragiles, et adhérer à un projet de territoire - ou charte -, fondé sur le développement durable.
Un modèle qui fait également des émules à l’étranger, au Maroc, au Brésil, ou encore au Laos. Pourquoi cet engouement ? « Parce qu’on se préoccupe des gens ! A la différence des Parcs Nationaux, on ne sanctuarise pas un territoire rural : on cherche à le développer, dans le respect de l’environnement et du patrimoine, certes, mais en s’appuyant sur les habitants et les ressources locales », explique Jean-Louis Joseph, président de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux.
En soutenant l’agriculture raisonnée, l’artisanat, le tourisme de qualité, l’intégration paysagère des constructions, les économies d’énergie ou le traitement des déchets, les PNR ont contribué à interrompre la déprise rurale, à fixer des emplois, et à faire revivre des filières qui se perdaient. « En encourageant par exemple le recours aux chaudières à bois dans les établissements publics du parc du Morvan, on a pu rentabiliser la forêt et recréer des emplois dans la filière bois », souligne Jean-Louis Joseph.
Limiter l’urbanisation des terres agricoles
Sur le territoire de Scarpe-Escaut, sinistré par les deux guerres mondiales, le PNR a impulsé un nouveau dynamisme « en offrant aux habitants du parc, mais aussi des environs immédiats, des loisirs de proximité dans un espace jusque-là sous-équipé : des campings, des chambres d’hôte, puis un centre équestre, des sentiers de randonnée pédestre…Après avoir développé le tourisme et l’agriculture, la charte du parc s’est orientée vers la sensibilisation à l’environnement, d’abord auprès des enfants, puis des parents. En définitive, on a toujours fait du développement durable, sans l’appeler ainsi », estime Laurence Dervaux.
Passées les premières réticences, et la peur de voir les activités humaines exclues des espaces labellisés, les populations se rallient bien vite aux projets de charte des PNR. Ainsi, pour celui des Alpilles, labellisé en 2006, « les habitants des 16 communes du parc ont été consultés, et leurs attentes ont servi de base à l’élaboration de notre charte. Auprès des agriculteurs par exemple, dont l’activité structure les paysages et constitue le premier outil de protection de la Nature, nous allons entreprendre plusieurs démarches : accompagner le passage d’une agriculture intensive à une agriculture raisonnée, faire la promotion des produits en valorisant le type de culture utilisé, développer l’agrotourisme, et agir sur le foncier en limitant l’urbanisation des terres ayant vocation à être cultivées. L’objectif, c’est de permettre à des gens qui sont nés ici de continuer à y vivre », résume Carine Ritan, directrice du syndicat mixte de gestion du Parc Naturel Régional des Alpilles.