
Pour Jean-Louis Joseph, les parcs naturels sont des pionniers en matière de bonne gouvernance. ©Parcs Naturels Régionaux
Les parcs naturels fêtent cette année les quarante ans de leur création. Jean-Louis Joseph, président de la fédération nationale des parcs naturels régionaux, revient sur le congrès national des parcs qui, du 3 au 5 octobre, a constitué le point d’orgue de la célébration de quatre décennies d’expérimentation en matière de développement durable.
40 ans après leur création, quel est le bilan des Parcs Naturels régionaux ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on compte aujourd’hui 45 parcs régionaux, qui regroupent 3600 communes et couvrent 13 % du territoire. Première infrastructure écologique française, les parcs sont le premier opérateur Natura 2000 en France.
Nous sommes même les pionniers de ce que l’on appelle aujourd’hui le développement durable. En matière de biodiversité, les parcs ont non seulement permis de stopper l’érosion, mais on est parfois en reconquête. Par le mode d’élaboration de nos chartes et notre mode de gestion, nous sommes aussi les précurseurs de la bonne gouvernance dont tout le monde parle en ce moment.
Nous sommes aussi depuis longtemps impliqués dans les économies d’énergie, par nos expérimentations sur les énergies renouvelables, sur les déplacements, ou sur l’habitat écologique. La meilleure preuve de cette modernité des parcs, c’est que notre modèle s’exporte bien. Lors du Congrès des Parcs, à l’abbaye de Fontevraud, nous avons d’ailleurs reçu énormément de délégations étrangères - Etats-Unis, Suisse, Chili, etc.-, avec lesquelles nous avons signé des conventions de partenariat.
Quels ont été les autres temps forts de ce congrès ?
Les forums organisés à cette occasion ont permis à des centaines de représentants des parcs de réfléchir aux grands défis à venir et de débattre de la trentaine de propositions que nous faisons dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
Parmi celles-ci, il y a l’idée d’une trame écologique, ou « trame verte », qui assurerait la continuité entre les milieux naturels. Ou bien la proposition de faire des parcs régionaux les territoires d’expérimentation des mesures du Grenelle : des « zones franches de l’environnement ».
Un autre temps fort du congrès aura été l’annonce par le ministre Jean-Louis Borloo de la revalorisation du budget de fonctionnement des parcs, qui avait baissé de 30 % depuis quatre ans, ou encore la signature avec ce dernier d’une convention visant à faire reconnaître les chartes des parcs comme des Agendas 21 locaux. Car le principe des agendas 21 s’inspire largement des chartes des parcs.
Le modèle des parcs fait-il des émules ?
Le parc naturel brésilien du Pantanal, le plus grand du monde, a été conçu sur le modèle des parcs régionaux, avec notre soutien. En France, les pays sont nos petits cousins, et s’inspirent directement de notre démarche. Idem pour les « zones périphériques » des Parcs Nationaux.
Les parcs régionaux sont des laboratoires du développement durable, et doivent rester des territoires d’innovation et d’expérimentation. Mais ce que nous inventons ici n’a pas vocation à y rester. Notre objectif, c’est de diffuser notre démarche en France, en Europe, et dans le monde.