vendredi 3 septembre 2010 - n°865

Biodiversité : Les 15 recommandations de Montpellier

Près d’une centaine de personnalités venues du monde entier se sont retrouvés à Montpellier pour jeter les bases d’IMoSEB. De gauche à droite : André Ménez (Président du Muséum d’histoire naturelle et représentant du Ministère de l’enseignement et de la recherche), Anne-Yvonne Le Dain (vice-présidente de la Région Languedoc-Roussillon) et Alfred Oteng Yeboah (co-président du Comité exécutif d’IMoSEB) ©Cirad
Près d’une centaine d’experts internationaux du Comité de pilotage d’IMoSEB étaient à Montpellier du 15 au 17 novembre pour mettre en place une structure de défense efficace de la biodiversité mondiale. Ils ont émis une quinzaine de recommandations à l’attention des gouvernements de la planète. Nathalie Kosciusco-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Ecologie, est venue clôturer, samedi, les débats. Prochaine étape en 2008, où pourrait être lancé officiellement IMoSEB (1), sorte de GIEC de la biodiversité, dont l’objectif est de devenir « une expertise mondiale reconnue au service de la prise de décision ».
Venues des quatre coins de la planète, des personnalités de la communauté scientifique et politique mondiale se sont réunies à Montpellier pendant trois jours, du 15 au 17 novembre, pour créer les bases d’un futur organisme de défense de la biodiversité. Ils ont émis une quinzaine de recommandations à l’attention des gouvernements de la planète en vue de créer IMoSEB (Mécanisme International d’Expertise Scientifique sur la Biodiversité), une « expertise mondiale au service de la prise de décision ».
Si la nouvelle structure est encore en cours d’élaboration, l’avancée a été importante selon tous les spécialistes présents. « D’autres mécanisme de ce type ont mis dix ans pour se mettre en place. Le travail accompli a été considérable en seulement deux ans et demi », a commenté Nathalie Kosciusco-Morizet, secrétaire d’État chargée de l’Ecologie, venue clôturer, samedi, les travaux du Comité de pilotage d’IMoSEB dans la capitale du Languedoc-Roussillon. C’est, en effet, à la suite de la conférence de Paris « Biodiversité, science et gouvernance » de janvier 2005, qu’avait été lancée la réflexion pour la mise en place d’IMoSEB, sorte de GIEC de la biodiversité, capable d’être écouté par les gouvernements et d’orienter les politiques mondiales.

Une interface entre information et décision

« Les aspects techniques se mettent en place, commente Hervé Babin, chercheur au Cirad et Secrétaire exécutif d’IMoSEB. Nous avons en particulier déterminé quelles devaient être nos préoccupations et nos objectifs : devenir l’interface entre la connaissance et la prise de décision et créer un véritable partenariat entre ceux qui ont l’information ». Pour Asghar Fazel, président du conseil scientifique de la Convention des Nations Unies sur la Biodiversité (CBD ou Convention of Biological Diversity/SBSTTA), « l’objectif d’IMoSEB est d’aider, d’étayer, l’ensemble des travaux sur la biodiversité », en dehors de toute logique corporatiste. « Il n’y aura pas de concurrence avec le CBD, mais une coopération, un support scientifique ».
Pour asseoir sa crédibilité, IMoSEB ne regroupe pas seulement des scientifiques mais aussi des représentants d’ONG, d’organisations intergouvernementales ou internationales, d’agences spécialisées des Nations Unies et de groupes d’initiatives de recherche. La structure se veut à la fois fédérative et indépendante.
En 2007, des consultations régionales avaient été organisées sur chaque continent : Montréal (Canada), Yaoundé (Cameroun), Genève (Suisse), Pékin (Chine), Bariloche (Argentine) et Alotau (Papouasie Nouvelle-Guinée).

La biodiversité en danger

Pour les experts d’IMoSEB, comme pour tous les spécialistes, la création d’une expertise mondiale sur la biodiversité, crédible aux yeux des différents gouvernements de la planète, est devenue vitale. Il y a urgence avant de voir disparaître encore d’innombrables espèces animales et végétales. « La diversité de la vie sur terre décroît à un rythme sans précédent et la perte de la biodiversité affecte le développement des sociétés humaines », commente Jacques Weber, Directeur de l’Institut français de la biodiversité (IFB) et membre du Comité exécutif d’IMoSEB.
(1)International Steering Commitee of the consultation process towards an International Mechanism of Scientific Expertise on Biodiversity (IMoSEB) ou Mécanisme International d’Expertise Scientifique sur la Biodiversité


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