
Les véhicules diesel pourraient être les grands bénéficiaires de l’éco-vignette. © Opel
A peine entré en vigueur le 1er janvier, le dispositif du bonus-malus est déjà contesté. Destiné à réduire la pollution automobile, il a pour l’instant surtout contribué à faire de décembre 2007 un mois record pour les ventes de véhicules polluants, et à amplifier depuis 2008 les achats de voitures diesel, émettrices de particules fines.
Le système de « bonus-malus » automobile est-il une bonne mesure pour lutter contre la pollution ?
Quelques jours seulement après son entrée en application, le 1er janvier 2008, nombreux sont ceux qui en doutent.
Première traduction concrète du « Grenelle de l’environnement », l’éco-vignette vise à pénaliser de 200 à 2600 euros les acquéreurs de véhicules fortement émetteurs de CO2, et à récompenser les acheteurs de véhicules plus « propres » d’un bonus compris entre 200 et 1000 euros.
Dès l’annonce de cette mesure par le gouvernement, le 6 décembre, les représentants des ONG parties prenantes du Grenelle ne cachaient pas leur déception en apprenant que l’éco-vignette, loin d’être le dispositif annualisé tant attendu, ne s’appliquerait qu’une seule fois au moment de l’achat.
Décembre : + 21 % pour les ventes de voitures
Leur sang n’a du faire qu’un tour lorsqu’ils ont ensuite pris connaissance des chiffres des ventes automobiles de décembre, en hausse de plus de 21 %.
Un boom des immatriculations qui a largement bénéficié aux véhicules les plus polluants. Selon le groupe PSA, les acheteurs « semblent avoir anticipé » le dispositif de l’éco-pastille.
Le groupe BMW, peut réputé pour la sobriété énergétique de ses modèles, a ainsi enregistré une hausse de plus de 30 % de ses immatriculations pour l’ensemble de l’année ! De quoi débuter 2008 sous les meilleurs auspices. Et ce n’est pas tout.
Dès les premiers jours de 2008, les automobilistes désireux de profiter de l’éco-vignette ont commencé à se ruer sur les modèles qui, de part la faiblesse relative de leurs émissions de CO2, devraient être les grands gagnants du système : les véhicules diesel.
Or, si leurs rejets de CO2 sont certes moindres que ceux des voitures à essence, ils « compensent » cet atout par des émissions abondantes de particules fines, dont les effets sont particulièrement nocifs pour la santé.
Le Grenelle ne démarre décidément pas sur les chapeaux de roue.