Unesco : Lancement de l’année internationale de la Terre

Les connaissances accumulées par les 400 000 spécialistes des géosciences pourraient prévenir la plupart des catastrophes naturelles….à condition d’être mieux prises en compte par les dirigeants. © Nasa
Aujourd’hui et demain, le siège de l’Unesco, à Paris, accueille un cycle de conférences qui marque le coup d’envoi de l’« année internationale de la planète Terre ». Par le lancement de cette dernière, l’Unesco et l’Union internationale des sciences géologiques (IUGS) entendent promouvoir les sciences de la Terre auprès des décideurs et du grand public, et montrer que les géosciences peuvent permettre aux sociétés humaines de faire face aux grands défis du XXIè siècle que sont le changement climatique ou l’épuisement des ressources.
Pour l’ONU, 2008 est l’« année internationale de la planète Terre ».
Le coup d’envoi officiel de cette dernière, et de la série d’évènements internationaux dédiés aux géosciences qui la jalonneront, est donné aujourd’hui à Paris, au siège de l’Unesco, par l’ouverture d’un cycle de débats et de conférences de deux jours. Scientifiques de renom, dirigeants de grandes entreprises et décideurs politiques vont en effet discuter les 12 et 13 février de plusieurs grands défis planétaires du XXIe siècle (croissance démographique, changement climatique, épuisement des ressources, gestion des risques naturels), et des réponses que les sciences de la Terre peuvent y apporter.
Lancée par l’Unesco et l’Union internationale des sciences géologiques (IUGS), l’année de la Terre vise avant tout à convaincre les dirigeants internationaux de soutenir davantage les sciences de la Terre et de faire un meilleur usage des connaissances qu’elles apportent.
40 % d’habitants en plus en 2050
Car les scientifiques font le constat suivant : bien que la compréhension du « système Terre » ne cesse de progresser, au point que le moindre changement de l’état physique et chimique de la planète soit désormais mesurable, les spécialistes de la Terre ne sont ni suffisamment nombreux ni suffisamment influents pour que leur savoir bénéficie à la société.
Les grands désastres humains de 2004 (tsunami en Asie) et 2005 (ouragan Katrina) ont confirmé l’insuffisante prise en compte du savoir et de l’avis des spécialistes des géosciences.
Or, la situation ne va pas aller en s’améliorant.
D’une part parce que la croissance démographique (40 % d’habitants en plus d’ici à 2050) et le réchauffement climatique, étroitement corrélés, ne vont faire qu’aggraver la fréquence des catastrophes naturelles et leur bilan humain.
Sensibiliser les jeunes
D’autre part, parce que les universités recrutent de moins en moins d’experts des géosciences, dont les connaissances et les recherches permettraient pourtant de prévenir et de guérir la plupart des catastrophes ou des dommages environnementaux.
D’où l’importance de mieux faire connaître au grand public et aux décideurs planétaires les potentialités des sciences de la Terre.
« Notre objectif est de montrer que les géosciences contribuent à rendre la Terre plus vivable qu’elle ne le serait en l’absence de progrès dans ces disciplines. C’est à la faveur de ces progrès que la qualité de vie sur notre planète pourra se maintenir à son niveau d’aujourd’hui dans les pays développés, et surtout que les autres pays pourront en bénéficier », explique Jean Dercourt, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, dans un communiqué de l’« année internationale de la planète Terre ».
Aux côtés des débats et expositions internationales, les organisateurs de cet événement mettront l’accent sur la sensibilisation des plus jeunes aux métiers des géosciences, notamment par le biais de concours.
12 février 2008, William Bolle