
L’industrie du médicament construit sa politique de responsabilité sociale. Si l’on en croit son récent rapport , cette année marque la mise en place des structures internes de RSE avec l’adoption d’une " stratégie " spécifique adoptée par le conseil d’administration du Leem en juillet, la création d’un " Comité RSE " et la définition de chantiers ( biodiversité, environnement, accès aux soins, diplomatie sanitaire), auxquels se sont ajoutés des objectifs pour l’année 2008. Ces derniers sont divers : maîtrise de l’impact environnemental des médicaments tout au long de leur cycle de vie( rejets, effets des substances dans la nature, déchets...), bon usage des médicaments, diversité dans le recrutement par la généralisation des CV anonymes, création d’indicateurs de développement durable... Des objectifs élaborés après l’examen d’experts-chercheurs de Science Po et de l’Iddri.
Introspection difficile
Les experts sont élogieux concernant les exigences environnementales affichées, mais soulèvent quelques faiblesses dans d’autres domaines. Ils remarquent la difficulté à instaurer un dialogue entre les parties prenantes en raison " d’un manque de conviction quant à l’utilité et à la pertinence d’une telle entreprise de concertation ". Ensuite, ils jugent que les entreprises du médicaments ont une vision quelque peu incomplète concernant le risque lié au médicament pour le patient : " La politique RSE du Leem n’aborde pas la responsabilité des entreprises pharmaceutiques dans la production du risque. De facto, associer la question des risques au mauvais usage seul est, d’une certaine manière, écarter la possibilité que ce ne soit pas le consommateur, mais le produit et ses producteurs qui portent également la responsabilité des aléas ", explique le rapport.
ll met également en avant un sujet peu abordé par la profession : son contrôle sur le plan éthique. Un besoin ressenti par les acteurs de la société civile et qui passe, entre autres, par la transparence des procédures d’homologation des médicaments. Enfin, ils pointent du doigt l’absence d’axes de réflexion autour des orientations commerciales des industries pharmaceutiques- on pense immédiatement à la réticence des laboratoires à produire des génériques et à travailler sur des maladies touchant les pays pauvres- rappelant que leur rôle premier est " de créer et de rendre accessible des médicaments qui peuvent sauver des vies ".