
Une nouvelle centrale à charbon est créée chaque semaine en Chine. © Minnesota center for environmental advocacy
Selon une récente étude d’économistes californiens, les prévisions du GIEC sur le réchauffement climatique sous-estimeraient la croissance des émissions de gaz à effet de serre chinoises. Celles-ci seraient en hausse annuelle de 11 % depuis 2004, alors que les experts onusiens ont fondé leurs calculs sur une croissance de 2,5 à 5 % par an. Avec une conséquence majeure : la hausse vertigineuse des émissions atmosphériques chinoises réduirait à néant tous les efforts de réduction entrepris par les Etats engagés dans le processus de Kyoto.
Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) aurait-il sous-estimé le pouvoir de nuisance atmosphérique de la Chine dans ses prévisions sur le changement climatique ?
C’est ce que pensent plusieurs économistes californiens, qui alertent sur la croissance vertigineuse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Empire du milieu, où fleurissent les centrales à charbon au rythme moyen d’une nouvelle unité chaque semaine.
Et non seulement la Chine se couvre de centrales thermiques, mais, alors que les provinces chinoises les plus développées (Chine littorale) construisent les leurs à partir de technologies relativement « propres », la croissance des régions intérieures se fait pour sa part sur la base d’une technologie vieille d’un demi-siècle, particulièrement polluante.
La durée de vie d’une centrale pouvant aller jusqu’à 75 ans, les chercheurs américains estiment que les calculs du GIEC, basés sur une croissance annuelle de 2,5 à 5 % des émissions chinoises entre 2004 et 2010, sont un peu trop optimistes.
Chine : 600 millions de tonnes de CO2 entre 2000 et 2010 ?
Pour eux, les rejets de GES chinois croissent d’ores et déjà de 11 % par an, ce qui pourrait se traduire par le rejet de 600 millions de tonnes de carbone à l’horizon 2010, par rapport à 2000. Avec pour conséquence de réduire à néant tous les efforts réalisés par les Etats engagés dans le processus de Kyoto, lequel vise une réduction totale de 116 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2012.
Pour les chercheurs américains, la conclusion est claire : les chinois doivent impérativement adhérer à un accord mondial sur le climat, sans que leur statut de pays émergent leur garantisse un traitement de faveur.
Ce qui est précisément la condition mise par le gouvernement américain au ralliement des Etats-Unis à un accord climatique contraignant.
Même si les chiffres de la pollution atmosphérique chinoise, rapportés au nombre d’habitants, sont proportionnellement bien moindres que ceux des pays développés, il n’en demeurre pas moins que, publiée en pleine période de répression au Tibet, cette étude ne va pas contribuer à redorer le blason de la Chine. Peut-être à dessein ?