L’annonce du plan emploi faite à Réthel, dans les Ardennes, par le président de la République, il fallait s’y attendre, suscité un grand nombre de réactions.
La gauche ironise
Du côté politique, la gauche a affiché plus que du scepticisme.Le premier secrétaire du PS a estimé qu’i « il n’y a pas de mesures décisives pour les Français qui sont dans l’inquiétude, le doute, qui s’interrogent sur la croissance et l’économie". Ironisant sur le recours aux contrats aidés, François Hollande a noté que "les seules mesures concrètes, c’est 100.000 emplois aidés de plus. Mais il y en avait eu 200.000 de supprimés ces dernières années" et, « le contrat de transition professionnelle pour les victimes de licenciement. Aujourd’hui à peine 4.000 sont bénéficiaires du dispositif. Il nous a dit qu’il allait en faire plus sans nous dire combien".
Olivier Dartigolles porte-parole du PCF a estimé que « le contraste entre les milliards promis aux banques sans contreparties et le vide intersidéral sur les financements des mesures pour l’emploi est saisissant". Puis il a ajouté que « de toutes ces promesses, il risque de ne rester pour les salariés que le travail dominical obligatoire et la perspective de voir les emplois précaires se multiplier avec le CDD comme norme".
La droite applaudi
Comme on pouvait s’y attendre aussi, la droite a applaudi le discours de Nicolas Sarkozy. C’est « tout à fait ce qu’on peut souhaiter dans cette période » a expliqué devant les députés le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale Jean-François Copé, pour qui ces mesures sont excellentes. Quand au Secrétaire général du parti présidentiel Patrick Devedjian, il a assuré que "le président de la République continue à décliner son plan de sauvegarde de l’économie française en s’attaquant maintenant à la protection de l’emploi avec un volontarisme caractéristique". Même son chez Philippe de Villiers qui, au nom du MPF a jugé qu’"il était nécessaire de faire aujourd’hui pour les Français les plus démunis ce que Nicolas Sarkozy a fait hier pour les banquiers". Il toutefois estimé que Bruxelles devait mettre en place « une protection européenne et un grand plan de relocalisation pour protéger nos emplois", mais aussi qu’il fallait « s’attaquer à la cause du chômage, c’est-à-dire aux délocalisations qui chaque jour suppriment des emplois en France".
Les syndicats mécontents
Le plan est loin d’emporter les suffrages côté syndical. Bernard Thibault au nom de la CGT assimile les mesures à « quelques pansements » qui ne sont « absolument pas à la hauteur de la crise". Lui aussi estime qu’il y a deux poids, deux mesures : "il y a eu une intervention pour aider les banques, une deuxième pour les entreprises, l’addition au total s’élève à 400 milliards d’euros de prêts ou de garanties de l’Etat. (…) Le plan annoncé de soutien aux salariés, c’est zéro". Le secrétaire général de la confédération il faut aussi parler de pouvoir d’achat. "La question des salaires est posée » a-t-il ajouté, jugeant « utile que l’ensemble des syndicats se concertent dans cette période pour envisager une mobilisation commune". Exprimant « un désaccord de fond », Jean-Claude Mailly a noté pour FO qu’"il y a quelques éléments d’ordre curatifs, quelques annonces dangereuses et surtout rien sur un plan de relance de l’économie, rien sur les salaires et la consommation". Pour Gaby Bonnand de la CFDT, "Nicolas Sarkozy a présenté cette annonce comme la troisième étape de son plan et on peut dire qu’elle est certainement la plus décevante". A la CFTC, Gabrielle Simon juge positif le retour des emplois aidés, « d’autant que Fillon, quand il était ministre de l’Emploi, les avait largement supprimés".
Le patronat partagé
Enfin, côté patronnat, à l’image de la présidente du Medef Laurence Parisot, on pense que « la volonté du président de la République de "lever les tabous", en particulier à propos du travail le dimanche et de l’utilisation des CDD pour stimuler l’économie, sont à saluer. De même, l’accélération de la réforme du service public de l’emploi et son évaluation sont d’excellentes nouvelles". Tandis que pour l’Union professionnelle artisanale "il est impératif que des solutions soient apportées aux 35% d’artisans qui aujourd’hui ne parviennent pas à embaucher, compte tenu du manque de qualification des postulants ou de l’absence pure et simple de candidature". Pour l’UPA, « la solution ne viendra pas du dimanche travaillé". Pour elle, "l’ouverture généralisée des grandes enseignes le dimanche, en déstabilisant totalement l’activité économique de proximité, détruirait beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en créerait".