Nicolas Sarkozy a présenté mardi à Réthel dans les Ardennes
le plan emploi. Deux jours plus tard à Niort, au siège de la Camif placée en liquidation judiciaire lundi avec près de 1000 emplois à la clef (780 pour Camif Particuliers et 200 pour Camif SA), le secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation en a donné sans tarder une illustration.
Il a ainsi annoncé que l’Etat prendrait en charge le reclassement du personnel de la Camif, le troisième groupe français de vente par correspondance s’adressant principalement aux enseignants. En difficulté depuis plusieurs années, Camif avait ouvert quelques points de vente en France. Le coût de la prise en charge du reclassement personnalisé (80% du salaire brut pendant trois mois et 70% pendant cinq) mois a été estimé à 20 M€, soit 20 000 € par personne. Parallèlement, Luc Châtel a annoncé que
« l’Etat va mettre en place une plateforme emploi-formation, avec la cellule de reclassement d’un montant de deux millions d’euros".
Des frais d’obsèques
« A situation exceptionnelle, il fallait une mesure exceptionnelle" a déclaré le secrétaire d’Etat tout en indiquant que "
le bassin niortais serait le premier à bénéficier des aides du fonds national de revitalisation des territoires, doté de 50 millions d’euros".
Pour les représentants des personnels de la Camif, ces annonces ne constituent pas pour autant une bonne nouvelle. "
Les salariés de la Camif ont des compétences et n’ont pas tant besoin de formation que cela. C’est la disparition de l’entreprise qui pose problème. Elle est viable, il faut de l’argent", a déclaré Jocelyne Baussant, déléguée FO, tandis que Bernard Schauss, représentant de la CGC a expliqué :
« nous souhaitions que M. Chatel vienne nous aider à guérir. Je pense qu’il est venu payer les frais d’obsèques".
Les délégués syndicaux de la Camif avaient appelé à une manifestation vendredi devant le ministère de l’Economie et des Finances. Le mot d’ordre est maintenu.