
Un millier d’habitants de l’Ile de France ont été interrogés sur le thème Jusqu’où les franciliens sont-ils prêts à aller en matière de développement durable ?© NAJA
L’Observatoire de la Ville a organisé le 15 décembre 2008 un débat avec les acteurs de la ville, autout de la question Peut-on faire du développement durable un levier d’attractivité pour la Région Capitale ? Elus locaux, universitaires et professionnels étaient réunis autour des thèmes Changer les mobilités et Repenser la ville. Le comité d’experts de l’Observatoire, présidé par M. Alain Sallez, y a présenté ses travaux ainsi que les résultats d’un sondage TNS Sofres auprès des Franciliens sur le sujet.
L’Observatoire de la Ville est un groupe de réflexion au service de tous les acteurs de la ville, élus locaux, universitaires et professionnels (architectes, urbanistes, promoteurs, etc.). La rencontre, organisée en décembre, a été l’occasion de présenter les résultats d’une étude TNS Sofres, commandée par Bouygues Immobilier, partenaire de l’Observatoire. Un millier d’habitants de l’Ile de France ont été interrogés sur le thème Jusqu’où les franciliens sont-ils prêts à aller en matière de développement durable ? Leurs réponses cristallisent, sur un territoire urbain défini, les avancées du développement durable et les efforts restant à fournir.
Pour les Parisiens, les résidents de la Petite et de la Grande couronne, le premier défi des dix prochaines années sur leur territoire porte sur les transports et la circulation (59% de citations). Viennent ensuite le logement et l’urbanisme (48%), la pollution de l’air (46%) et l’activité économique et l’emploi (44%), loin devant la sécurité (27%) et la mixité sociale (21%). Chez les moins de 25 ans, l’activité économique est citée en premier, alors que les 25-34 ans privilégient logement et urbanisme, et les seniors la sécurité. S’ils sont 79% à se dire préoccupés par la situation de l’environnement en Ile de France, la pollution de l’air (50% de citations) arrive loin devant la production et le volume des déchets ménagers (29%), la pollution des sols et de l’eau (24%) et le bruit (21%). Cette inquiétude, devenue constante, vient notamment de ce que les Français ont établi avec certitude un lien immédiat entre santé et environnement : 90% de franciliens considèrent que l’environnement a des effets importants sur leur état de santé, dont 53% les juge très importants. Dans ce contexte, les défis de la mobilité et de l’urbanisme devront prendre en compte le respect de l’environnement.
Des propositions aux bonnes intentions
L’augmentation des réseaux de transports en commun et la mise en place de transports alternatifs sont les solutions requises par la majorité des sondés. En revanche, la voiture étant considérée comme principale source de pollution atmosphérique, les améliorations des capacités des routes sont peu comprises. 82% se déclarent prêts faire des efforts personnels, comme faire leurs courses dans les commerces près de chez eux, pratiquer le covoiturage ou acheter plus cher un véhicule moins polluant. Toutefois, ces efforts, loin d’être des pratiques, sont encore des bonnes intentions. Geste ou pratique acceptables sont sélectionnés à l’aune des besoins de chacun… Pour 78%, le prêt à taux zéro pour les travaux d’isolation des logements est une mesure pertinente. Là, ils sont 14% de propriétaires à avoir déjà réalisé ces travaux ; 72% sont prêts à installer des panneaux solaires dans leur habitation (seuls 1% l’ont fait).
Comme pour l’ensemble des Français, la maîtrise des coûts incite les Franciliens à réfléchir et rationaliser leurs dépenses, envisageant simultanément des réflexes et des gestes favorables à une manière de se déplacer ou de se chauffer plus respectueuse de l’environnement. Toutefois, environ un quart estime que la prise en compte du développement durable n’est ni un atout ni un handicap et une petite minorité considère même qu’il est plutôt un handicap. Cette population non négligeable ne se déclare pas, aujourd’hui, convaincue.