vendredi 3 septembre 2010 - n°865

Négociations de Bangkok : Étape décisive avant Copenhague

Les négociations qui se déroulent à Bangkok du 28 septembre au 6 octobre font partie des dernières réunions avant la Conférence de Copenhague de décembre ©DR
Avec moins de 14 jours de négociation en vue avant la Conférence de Copenhague de décembre, la réunion sur le climat qui se tient à Bangkok du 28 septembre au 6 octobre est considérée par les experts comme une étape décisive. Le représentant des Nations Unies Yvo de Boer a lancé un appel solennel en faveur d’un accord mondial « sous peine de voir la planète secouée par une succession de catastrophes naturelles ». La réunion du G20 à Pittsburgh fin septembre n’avait pas laissé entrevoir d’avancée malgré le discours affirmé de Nicolas Sarkozy. L’ultime rencontre avant Copenhague aura lieu du 2 au 6 novembre à Barcelone.
Prés de 2500 participants se penchent depuis lundi 28 septembre sur l’avenir climatique de notre planète et la lutte contre le réchauffement. C’est l’effervescence parmi les délégués des gouvernements, les représentants du monde des affaires, de l’industrie et de la recherche, les organisations environnementales et les institutions pour cet avant-dernier round de négociation avant Copenhague. Tous savent qu’à défaut d’une avancée notable, le futur accord international sur le climat ne sera pas à la hauteur du formidable enjeu climatique qui risque de bouleverser la Terre au cours des prochaines décennies. « Le temps ne presse pas, il est déjà presque écoulé », a commenté dans la capitale thaïlandaise le représentant des Nations Unies Yvo de Boer. « Nos enfants et petits-enfants ne nous pardonneront pas, sauf si nous prenons des décisions. Le temps nous est compté », a ajouté le Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva. Les indicateurs ne sont pourtant pas encourageants. La dernière réunion du G20 à Pittsburgh s’était achevée le 25 septembre par une déclaration finale extrêmement vague. Seule la Chine avait soufflé le chaud trois jours plus tôt lors du sommet extraordinaire de l’ONU à New York en annonçant sa volonté de réduire ses émissions de CO2 par point de PIB « de façon notable » d’ici à 2020, sans pour autant avancer de chiffre. 

La France en première ligne

La France tient à jouer un rôle clé dans les discussions. Elle est représentée par une délégation composée d’une vingtaine d’experts issus de plusieurs ministères, dont le Meedm, chacun suivant un sujet de négociation précis : réduction des émissions, adaptation, forêts, financement, technologie …. Elle défend les positions européennes à savoir l’obtention d’un accord « mondial, ambitieux, équilibré » et compatible avec l’ambition de limiter à 2°C maximum la hausse moyenne de température. Selon les spécialistes, cet objectif ne pourrait être atteint qu’en réduisant les émissions mondiales de GES d’au moins 50% d’ici à 2050 par rapport à 1990. Ce qui paraît peu réaliste face au manque de détermination de nombre de pays. Les experts français tentent avant tout d’imposer
 des objectifs chiffrés et contraignants pour l’ensemble des états industrialisés avec une réduction globale des émissions de GES de 25% à 40% d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990. Ils veulent également arriver à infléchir la production de CO2 des pays en développement par rapport aux tendances actuelles et à intégrer dans les négociations 
des objectifs sur des secteurs jusqu’à présent écartés : la forêt, l’aviation et le transport maritime. Pour l’Union Européenne, un accord global efficace devra être juridiquement contraignant et assorti de mesures de contrôle. Enfin la France poursuit ses actions en faveur de la prise en considération des intérêts des pays les plus vulnérables, comme ceux d’Afrique et les petits états insulaires. 

Moins de deux semaines de négociation

L’ONU espère que la rencontre de Bangkok débouchera le 6 octobre sur une base consolidée et raccourcie du texte de négociation en cours. Les 2500 délégués disposent actuellement en Thaïlande d’un document de près de 300 pages « avec lequel il est concrètement impossible de travailler », selon Yvo de Boer. Les présidents des groupes de travail devront présenter à la fin de ce nouveau round de discussion un résumé qui tiendra compte des avancées ainsi que des résultats des consultations informelles tenues à Bonn en août dernier.
Les négociations de Bangkok font partie d’une série de réunions qui connaîtront leur aboutissement en décembre lors de la Conférence de Copenhague, au cours de laquelle un nouvel accord international sur le climat doit être finalisé. Les 192 pays de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) avaient en effet convenu fin 2007 de lancer un processus de négociation de deux ans, afin de parvenir à un accord ambitieux et efficace à la fin 2009. Compte tenu du peu de temps de travail qu’il reste avant Copenhague - moins de deux semaines de discussion - la réunion de Bangkok est considérée comme décisive par les experts. Prochain est ultime rendez-vous avant la rencontre finale de décembre : Barcelone, du 2 au 6 Novembre prochain. De courtes journées de travail face à une tâche qui paraît démesurée pour nombre d’observateurs.


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