
En vert foncé les pays ayant signé en 1992 la convention internationale, en vert clair celle ayant de plus signé la convention sur la protection de la biodiversité signé en 2000, en marron les non-signataires.©CDB
Le gouvernement a mis en place le comité chargé de préparer et de coordonner les actions de l’Etat dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité en 2010. Selon UICN, la France n’occupe pas une place mondiale au rang mondial des nations ne protégeant pas les espèces menacées de disparition.
La secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno a mis en place mercredi 4 novembre le comité de pilotage « 2010, année de la biodiversité ». Ce dernier sera chargé de coordonner un plan d’action national qui prévoit notamment un inventaire du patrimoine naturel de l’Etat ainsi qu’un inventaire réalisé par les collectivités volontaires en partenariat avec des scientifiques et associations. Le plan prévoit un campagne d’information et de sensibilisation du public aux enjeux liés à la conservation de la biodiversité. Plusieurs actions sont annoncées comme la protection de 55 espèces menacées. En 1992, à Rio de Janeiro un groupe de pays avait signé la convention pour la diversité biologique, convention ayant conduit lors du sommer de la Terre en 2002 à un engagement des pays à faire reculer la perte de biodiversité d’ici à 2010, année décrétée par l’ONU « année internationale de la biodiversité ».
La France mauvaise protectrice du vivant
Les signataires de la convention, 192 pays à ce jour, doivent faire dans le courant de l’année prochaine un bilan de leurs actions. « La France ne sera pas au rendez-vous de Nagoya (Japon), à l’automne 2010, là où la Communauté internationale devait acter la diminution de la perte de biodiversité » a déclaré Chantal Jouanno lors de l’installation du comité. Il est vrai que l’Union mondiale pour la nature (UICN) estime que la France abrite, notamment dans ses collectivités d’outre-mer, 778 espèces menacées de disparition dans le monde. Elle se classe ainsi au huitième rang mondial des nations abritant le plus grand nombre d’espèces vivantes menacées. Le gouvernement français souligne lui-même que « près des deux tiers des écosystèmes sont actuellement exploités au-delà de leurs capacités, et la moitié des espèces vivantes connues pourrait disparaître d’ici un siècle ».
La création d’un GIEG de la biodiversité en octobre
Enfin, cette année internationale de la biodiversité, pourrait voir la création de l’IPBES, plateforme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les services écosystème. Construite à l’image du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur le climat), elle aurait pour mission à la fois de recenser les connaissances et de produire des rapports dont la validation par les Etats permettrait d’élaborer des plans d’actions et des objectifs internationaux. Alors que tout au long de l’année des manifestations et rencontres internationales se dérouleront dans le monde, c’est à Nagoya qu’au mois d’octobre les pays se retrouveront pour faire un point sur la réalisation de leurs engagements précédents et préparer la suite.