
Yvo de Boer, le responsable des négociations au sommet de l’ONU sur le climat, continue à croire à la possibilité d’un accord à Copenhague ©DR
Alors que l’Union européenne et Yvo de Boer continuent à croire à la possibilité d’un accord à Copenhague, une nouvelle polémique vient compliquer le débat. Des « climato-sceptiques » profitent du piratage de documents officiels par des hackers pour véhiculer dans les médias et sur Internet des informations contestant l’influence des activités humaines sur le climat. Mais le débat n’ébranle pas la détermination des politiques : 65 chefs d’état ou de gouvernement ont déjà confirmé qu’ils se rendraient à Copenhague du 7 au 18 décembre.
A moins de 12 jours du Sommet de Copenhague qui vise à sceller un nouvel accord mondial sur le climat, les défenseurs d’objectifs ambitieux se seraient bien passés de la polémique qui vient d’être lancée sur Internet. À contre-courant des constatations et analyses scientifiques les plus sérieuses, des climato-sceptiques, qui attribuent le réchauffement en cours à d’autres facteurs que les émissions de gaz à effet de serre, tentent de s’impliquer dans le débat public. À l’origine de ce phénomène : des pirates informatiques qui ont réussi à entrer dans le serveur du centre de recherches sur le climat (CRU) de l’université britannique d’East Anglia et ont mis en ligne des centaines de documents et courriels privés, alimentant le débat sur le degré d’influence humaine dans le réchauffement de la planète. L’université de l’Est de l’Angleterre a déclaré dans un communiqué, samedi 21 novembre, que la police avait ouvert une enquête mais qu’elle ne pouvait pas se prononcer sur l’authenticité ou non des fichiers publiés sur la toile, « sélectionnés dans un but malveillant ». Parmi le millier d’emails et les 3.000 autres documents « volés » se trouvent plus de dix ans de correspondance entre des scientifiques britanniques et américains de renom. Une aubaine pour certains contestataires en mal de désinformation, qui interprètent ces données comme la preuve de ce que les scientifiques auraient exagéré, voire falsifié, les chiffres concernant le réchauffement de la Terre.
La colère des experts
Ce mouvement des « climato-sceptiques » soulèvent la colère des spécialistes du climat qui y voient une tentative de déstabilisation alors que des négociations « vitales » se préparent dans la perspective de Copenhague. Le climatologue Thomas Stocker, coprésident du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), ne mâche pas ses mots et dénonce une propagande similaire à celle de l’industrie du tabac. Car les scientifiques sont formels sur le rôle de l’homme dans la hausse de température que traverse la planète.
Alors que certaines données suggèrent actuellement un palier dans le réchauffement, qui serait lié à la crise mondiale et à une baisse de l’activité économique, d’autres indiquent qu’il se poursuit. Une analyse des températures dans le monde menée par des statisticiens indépendants à la demande de l’Associated Press a mis en lumière en octobre la poursuite de l’augmentation du réchauffement et non un refroidissement de la planète, comme l’affirmaient des sceptiques du changement climatique.
Au-dessus de ce débat, les ministres de l’Environnement de l’Union européenne ont rencontré une dernière fois avant Copenhague Yvo de Boer, lundi 23 novembre, à Bruxelles. Tous attendent une annonce concrète des États-Unis qui pourrait servir de déclics à une éventuelle entente mondiale. « Je pense que le président américain Barack Obama sera en mesure de venir à Copenhague avec un objectif et une contribution financière » aux efforts des pays pauvres, espère le responsable des négociations au sommet de l’ONU sur le climat.