
Véritable ambassadeur de la lutte contre le changement climatique, Nicolas Sarkozy est parti jeudi 26 novembre au Brésil où il a rencontré le Président Luiz Inacio Lula Da Silva ©DR
Nicolas Sarkozy tient à faire prendre à la France l’un des leaderships sur le climat. Le Président français ne veut pas se contenter de l’objectif de l’UE qui s’engage à réduire ses émissions de GES de 20% en 2020 par rapport à 1990. Il propose un « plan-climat » pour soutenir les plays les plus fragiles de la planète et réclame une réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés de 25 % à 40 % d’ici à 2020 par rapport à 1990, comme le préconisent les experts du GIEC.
Pour Nicolas Sarkozy, un « véritable plan justice-climat » doit être élaboré pour permettre l’accès des pays les moins avancés à l’énergie, afin « d’aider les États insulaires à faire face aux conséquences de la montée des eaux » et « pour relever les défis du développement et du changement climatique ». Ce plan, élaboré avec Jean-Louis Borloo, propose de financer quelque 490 milliards de dollars d’aide publique internationale aux régions les plus pauvres sur 20 ans par une taxe de 0,01% sur les mouvements financiers internationaux. Sur ce total, 250 milliards de dollars seraient consacrés au seul développement des énergies renouvelables en Afrique, continent particulièrement vulnérable face au réchauffement de la Terre. C’est la proposition que la France défend depuis plusieurs mois en vue du Sommet de Copenhague qui débutera lundi 7 décembre. Porte-parole de cette politique, Jean-Louis Borloo a rencontré au cours des dernières semaines de nombreux chefs d’État ou de gouvernement et ministres de l’environnement en Europe, Afrique et Asie. Objectif : créer une dynamique pour rallier un maximum de puissances et constituer un réel poids dans les négociations. Le Président français n’a pas hésité à aller également en première ligne en se rendant jeudi 26 novembre au sommet des pays amazoniens à Manaus (Brésil) puis à Trinidad-et-Tobago (Antilles), vendredi 27 et samedi 28 novembre, où se tenait une rencontre des représentants des 53 pays du Commonwealth. Une première pour ces deux évènements où aucun chef d’état français n’avait jusqu’à présent été convié.
10 milliards de dollars par an
Afin de faire un premier pas concret, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown proposent que la conférence de Copenhague décide un premier engagement financier de 10 milliards de dollars par an pour les années 2010 à 2012 en faveur des pays les plus pauvres. Le projet a été soutenu dimanche par une déclaration commune des 53 pays du Commonwealth présents aux Antilles. Le Président français demande que 20% de cette somme soit consacrée à la lutte contre la déforestation et que cet effort soit renforcé dès 2013.
Autre objectif de la France : déboucher à Copenhague sur un accord qui vise la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés de 25 % à 40 % d’ici à 2020 par rapport à 1990 et de 80 % à l’horizon 2050.
Les négociations risquent d’être difficiles du 7 au 18 décembre au Danemark, entre pays riches déjà fortement endettés par la crise économique, et pays pauvres ou émergents qui n’envisagent pas de se fixer des objectifs contraignants de limitation des gaz à effet de serre sans un effort conséquent des pays développés, jugés responsable du dérèglement climatique que traverse la planète.