jeudi 9 septembre 2010 - n°869

F.A.O : Une gestion foncière sécurisée pour la sécurité alimentaire

©FAO/Giulio Napolitano
La Finlande et la F.A.O, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, adoptent le financement d’un programme de gestion foncière sécurisée. Expérimental dans un premier temps, le programme est destiné à aider les pays en voie de développement à accroître leur sécurité alimentaire.

« Une administration des terres efficace et transparente est un élément essentiel pour la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et l’utilisation durable des ressources naturelles, et est de plus en plus importante dans de nombreuses régions du monde en développement », souligne Paavo Väyrynen, Ministre finlandais du commerce extérieur et du développement. Ce dernier est rejoint par Alexander Müller, Sous-Directeur général de la FAO qui affirme pour sa part la nécessité de « garantir la sécurité foncière des populations rurales et urbaines ». A l’initiative de la Finlande et de la F.A.O, un projet de 2,4 millions de dollars aidera les Etats membres de la FAO à tester « des systèmes durables et abordables d’administration foncière afin d’améliorer la sécurité foncière et la gestion des terres ». Le programme envisage l’utilisation d’une technologie à moindre coût « open source » pour assurer maintenance des registres cadastraux. Trois pays pilotes sont concernés dans un premier temps : Ghana, Népal et Samoa.

L’enjeu mondial d’une gestion foncière sécurisée


La FAO souligne que « l’introduction de systèmes de technologies de l’information pour l’enregistrement des droits fonciers est un des meilleurs moyens de réduire les pratiques corrompues et non transparentes de gestion des terres. » L’un des enjeux majeurs concerne en effet la sécurité alimentaire des pays en voie de développement. Pays riches et fonds privés font actuellement le forcing pour acheter et louer des terres dans les régions fertiles des pays en développement et tout particulièrement en Afrique. Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, estime à près de 30 millions d’hectares de terres (la superficie des Philippines) qui ont ainsi fait l’objet de négociations intensives au cours des trois dernières années. 80% des terres disponibles se situeraient en Afrique et en Asie. Pour les pays en voie de développement, l’investissement des pays riches est de nature à favoriser le développement de leur propre agriculture notamment par transfert de technologie. Les investissements étrangers par extension de leur territoire visent surtout à accroître l’approvisionnement alimentaire des pays riches dans le contexte d’envolée des prix des denrées alimentaires. L’Afrique en est la première cible. Plus de 2,5 millions d’hectares auraient acheté ou loué pour 99 ans,en Ethiopie, à Madagascar, au Mali, au Mozambique, et au Soudan pour un montant de près d’un milliard de dollars.

Expérimental pour l’exemple

Les conditions y sont plus qu’attractives. Le coût des terres est très faible, les réglementations souvent inexistantes et les gouvernements africains, pour un certain nombre, peu regardants. Le terrain reste ainsi très favorable à l’opacité de gestion et aux pratiques de corruption. En Ethiopie, un hectare se loue 1,50 euro par an. La firme indienne Karuturi exploite plus de 300000 hectares (canne à sucre, huile de palme, légumes, maïs, riz). Le gouvernement éthiopien envisage de louer 3 millions d’hectares de terres encore inexploitées à des investissements nationaux ou étrangers. On saisit ici l’intérêt des gouvernements à rendre efficiente la gestion administrative pour améliorer la sécurité foncière et la gestion des terres. La Finlande possède une expérience. Ces dernières années, elle a « multiplié ses partenariats avec la FAO. Elle est un partenaire actif dans le domaine de l’administration foncière dans plusieurs pays en développement, comme la Tanzanie/Zanzibar, le Cambodge, la Palestine, l’Ethiopie, etc. » poursuit le ministre finlandais, M. Väyrynen. Les résultats des expériences menées aux Ghana, Népal et Samoa serviront d’appui pour convaincre d’autres Etats membres de la F.A.O.


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