vendredi 3 septembre 2010 - n°865

Camargue : A la croisée des chemins

L’avenir de la Camargue devrait dépendre de sa capacité à combiner intérêts économiques et environnementaux. © DR
En Camargue, le déclin des marais salants, l’accroissement tourisme de masse et d’importants projets d’urbanisation menacent l’équilibre naturel et inquiètent une partie de la population.
« Entre Gênes et Barcelone, la Camargue est la seule zone humide qui échappe au tourisme de masse » prévient Gaël Hémery, président de l’association Nature et Citoyenneté en Crau et Camargue (Nacicca). Pourtant, la région semble aujourd’hui à la croisée des chemins sur de nombreux dossiers. Même si le nouveau statut juridique du Parc Naturel Régional, reconnu comme une avancée majeure, pourrait contribuer à faire avancer la situation en concertation avec les différents acteurs locaux.
Mais pour le moment, l’annonce par la direction de la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est d’une baisse de la production annuelle à 340 000 tonnes de sel par an contre 770 000 jusqu’à présent (passant dès lors de 128 à 46 salariés) inquiète une partie de la population. « Les Salins de Giraud ont été totalement façonnés par l’homme. Si la Compagnie s’arrêtait, le système d’entrées et de sorties des eaux salées et douces en serait profondément perturbé. C’est pourquoi il est important de continuer à travailler le mouvement des eaux par le biais de la pisciculture, l’algoculture ou l’aquaculture. Au lieu de ça, des projets de construction d’hôtels sont en cours d’élaboration » se désole Gaël Hémery.

Inquiétudes autour de l’incinérateur de Fos

En outre, la question du Bac de Bacarin, qui assure le franchissement du Rhône à hauteur du hameau de Salin-de-Giraud, suscite lui aussi de vives inquiétudes. Géré à fonds perdus par le conseil général des Bouches-du-Rhône, ce dernier souhaite désormais le remplacer par un pont. «  En facilitant l’accès au delta, le pont devrait accroître le tourisme de masse. Avec des répercussions évidentes sur l’équilibre environnemental » redoute Gaël Hémery, déterminé à lutter contre sa construction.
Reste enfin le problème de la pollution atmosphérique, fragilisant chaque jour un peu plus l’écosystème. Redoutant un effet d’accumulation, l’association entend ainsi se battre contre le projet de construction d’un incinérateur à Fos-sur-mer. « A vol d’oiseau, Fos se situe à 14 km de la Camargue et malgré les filtres de l’appareil, nous craignons qu’il n’aggrave la pollution atmosphérique. Le Parc Naturel Régional de Camargue ne doit pas être un parc caution et nous nous battrons pour faire remonter nos revendications lors du Grenelle de l’environnement » résume Gaël Héméry, qui reconnaît cependant que la marge de manœuvre de son association est faible. Le sort de la Camargue devrait ainsi dépendre de la capacité des élus à prendre des décisions cohérentes…


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